26 mai 2020

(Big Metal Week 2/7) Mardi: The Goth Protocol (Part 1)



My Dying Bride
The Ghost of Orion
2020


Quand l'autre groupe de Halifax (Royaume Uni) sort un album quelques semaines avant son cousin naturel, Paradise Lost, forcément, on compare. Il faut dire que les deux formations ont beaucoup de choses en commun : même génération, même débuts Doom/Death sur le même label (Peaceville Records), même tournant Gothic Metal, même consistance dans la qualité depuis... Des jumeaux alors ? Oui et non.

Oui parce qu'il est indéniable qu'outre la génération, le parcours, les labels (ils sont désormais tous deux chez Nuclear Blast), les deux groupes partagent un goût similaire pour les ambiances sombres  et une relative discrétion médiatique.
Non parce que là où Paradise Lost privilégie le format court, My Dying Bride aime étirer ses pistes pour laisser ses ambiances respirer et se développer, et y ajouter une petite touche folk, avec l'usage récurrent d'un violon ambianceur, absente chez leurs amis et condisciples.
Ainsi, le 14ème long-jeu de ces joyeux dépressifs, The Ghost of Orion, ne comporte-t-il que 7 chansons (et un court instrumental de conclusion) pour, tout de même, 56 minutes, ce qui est plutôt court pour eux et d'autant plus surprenant que l'opus arrive 5 ans après son prédécesseur, le plutôt moyen, pour les standards de My Dying Bride,  Feel the Misery.
Mais que les fans, nombreux et fidèles, de nos très chers Goths ne craignent rien, ce nouvel opus est bon et parfois même très bon, et sans surprise aussi mais, bon, après tout ce temps on ne se refait pas et ce n'est pas l'échec de leur trop ambitieux Evinta (triple album avec orchestre, rien que ça) qui poussera la formation à retenter le coup de l'expérimentation...
Et donc, The Ghost of Orion est classique de chez classique avec, comme de bien entendu, des tempi lents, des instrumentations harmonieuses et majestueuses et juste ce qu'il faut de variation mélodique, parce que clairement tous les titres développent de similaires ambiance, pour que l'auditeur ne s'ennuie jamais. Au chapitre "tiens, ça c'est pas commun", on citera l'ambiant Solace sorte de drone folk avec voix féminine (l'invitée Lindy Fay Hella de Wardruna) dépourvu de rythme mais pas d'émotion qui rappellerait presque Dead Can Dance et le maladif et similairement sans batterie The Ghost of Orion qui, dans le noir, à la bougie, fait un peu flipper quand même. Sinon, ben My Dying Bride fait ce qu'il sait faire de mieux : du My Dying Bride avec quelques vocaux death, discrets mais bienvenus en guise de seule trace d'agressivité restante parce qu'ici les riffs sont plus des véhicules émotionnels que des charges létales et même que c'est très bien comme ça.
Allez, si on devait faire un reproche à l'album ce serait d'être un poil monolithique mais, bon, si on se laisse porter par l'ambiance, automnale et triste, ça passe très bien. Et puis, tout ça étant maîtrisé, impeccablement mis en son (par Mark Mynett qui avait déjà fait de l'excellent boulot pour Damnation's Hammer), on aurait mauvaise grâce à critiquer.

En 2020, My Dying Bride reste une des valeurs sûres du Doom Metal gothique, un groupe sûr de son fait qui accomplit, l'air de rien, un retour en forme et en force qu'on se doit de recommander aux amateurs du genre ainsi qu'à tous ceux qui pensent que le metal ne peu pas être beau et atmosphérique.


1. Your Broken Shore 7:40
2. To Outlive the Gods 7:54
3. Tired of Tears 8:35
4. The Solace 5:50
5. The Long Black Land 9:59
6. The Ghost of Orion 3:29
7. The Old Earth 10:30
8. Your Woven Shore 2:08


Andrew Craighan: Guitars
Aaron Stainthorpe: Vocals
Lena Abé: Bass
Shaun MacGowan: Keyboards, Violin
Jeff Singer: Drums
Neil Blanchett: Guitars
+
Jo Quail: Cello
Lindy Fay Hella: Vocals



+

Crematory
Unbroken
2020


A ce point de leur carrière, près de 30 ans d'activité et désormais 15 albums, il ne faut pas attendre quoique ce soit de nouveau des metalleux gothico-industriels germaniques de Crematory. Leur son est bien établi, leur fan-base solide ne le voudrait pas autrement, et si le groupe a évolué de son Goth/Death des débuts à l'altération actuelle c'est un fait établi depuis bien longtemps (Act Seven, 1999), un fait qui n'a pas été démenti par une courte séparation entre 2001 et 2003, alors ce n'est pas maintenant que ça va changer...

A partir de là, seule la qualité des chansons compte et Crematory connait et maîtrise si bien sa formule, un metal gothique infusé d'éléments électroniques où chant clair et chant death se relaient avec des riffs souvent simples et des claviers accrocheurs en toile de fond, qu'on n'a que la crainte du déjà-entendu en attaquant un album de plus dans la lignée de leurs créations comme ce fut le cas avec Antiserum en 2014 où le quintet d'alors apparaissait trop en pilote automatique pour convaincre.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le trio fondateur restant (Markus et Katrin Jüllich, respectivement batteur et claviériste, et Felix Stass, le chanteur) ont depuis renouvelé l'équipe, sans doute un bon moyen de dynamiser un processus créatif devenu routinier comme en témoignent d'ailleurs les albums du groupe depuis, Monument en 2016 et Oblivion en 2018.
Ici, renforcé par l'ex-Mystic Prophecy Connie Andreszka, qui remplace Tosse Basler avec qui le courant ne passait plus, le désormais sextet applique à la lettre les préceptes qui ont fait de lui une des valeurs sûres du genre. On retrouve donc un metal solide qu'on décrirait à ceux qui ne s'y seraient pas encore essayé comme une sorte de Rammstein en plus frontalement metal. Un metal où les claviers mènent souvent le bal quand les guitares sont plus là pour assurer une crédibilité de genre que pour réinventer la roue. La voix gutturale light de Felix est toujours là, tempérée par les vocaux clairs du nouveau venu (Connie) sur des compositions qui filent droit sur des tempi métronomiques
Bon, on ne va pas se mentir, sans tout à fait répéter les défauts du précité Antiserum, Unbroken est tout de même un poil trop prévisible pour qu'on s'enthousiasme totalement pour cette nouvelle offrande. Sans doute aussi une tracklist un peu longuette, 15 titres et 66 minutes quand on varie si peu l'approche c'est beaucoup, n'aide-t-elle pas aussi. Mais bon, il reste d'authentiques bons moments comme le morceau titre et son metal industriel bien mené, le single Rise and Fall avec un refrain accrocheur et mélodique, le dansant et puissant Behind the Wall avec ses claviers technoïdes ou le presque power-ballad My Dreams Have Died et sa belle complémentarité entre les deux vocalistes mais aussi le groovy et rock'n'roll I am qu'on ne voit pas venir mais fait son petit effet.
Attention, le reste n'est pas indigne mais, arrivé vers la 10ème piste, selon votre tolérance pour cette sorte de choses, vous commencerez à trouver le temps long et la formule répétitive. C'est sans doute ce qui fait que cet Unbroken convainc moins que ses deux prédécesseurs pour lesquels Crematory avait eu le bon sens de ne pas trop "charger la mule".
On avouera aussi que ce nouveau chanteur mélodique n'est pas tout à fait aussi bon que ses devanciers (Matthias Hechler et Tosse Basler) mais on lui laissera ici le bénéfice du doute en attendant de voir s'il "s'y met"...

Allez, les gars (et la fille !), la prochaine fois 10 titres et 40 minutes et on n'en parle plus. Présentement, il faudra que l'auditeur fasse sa propre sélection dans un album évidemment compétent mais souffrant d'une sur-générosité qui ne mène pas à grand chose d'autre que de fatiguer l'auditeur... Dommage.


1. Unbroken 4:28
2. Awaits Me 4:08
3. Rise and Fall 4:59
4. Behind the Wall 4:31
5. The Kingdom 4:25
6. Inside My Heart 5:24
7. The Downfall 4:02
8. My Dreams Have Died 4:50
9. I Am 3:58
10. Broken Heroes 4:28
11. A Piece of Time 4:45
12. Voices 4:24
13. Abduction 3:41
14. As Darkness Calls 4:28
15. Like the Tides 3:55


Markus Jüllich: Drums, Programming
Gerhard "Felix" Stass: Vocals
Katrin Jüllich: Keyboards, Samples
Rolf Munkes: Lead Guitars
Jason Matthias: Bass
Connie Andreszka: Rhythm Guitars, Clean Vocals



3 commentaires:

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  2. Deux très bons groupes qui savent mixer les ambiances et mêler growls et chants clairs.

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    1. Ouais, enfin, surtout le premier, hein.
      Sinon, tu verras, j'espère, que la seconde partie est encore plus convaincante.

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