7 octobre 2020

Des news...


 ...Il avait dit qu'il reviendrait mais rien n'est arrivé. 

Ben oui, le retour est reporté. En ces temps troublés, c'est à mon tour d'être impacté. Rien de trop grave, je vous rassure, il n'y a pas mort d'homme mais pas de temps à accorder à ce blog pour le moment. Quand ça redémarre ? Mystère... Le plus tôt possible espérons, et avec une surprise !

A bientôt à tous !

14 août 2020

Summer Rush XXVI: EP mania 7 (Poporama Pt. 2)

Pour cette édition POP, vous remarquerez qu'il n'y a que de filles et c'est très bien comme ça. Vous remarquerez aussi que le spectre est large, et c'est une meilleure nouvelle encore ! Vous remarquerez enfin que la qualité est souvent au rendez-vous, chanceux que vous êtes ! Enjoie.


Dagny
Strangers/Lovers
2020

A vous de voir, Strangers/Lovers est soit un EP, soit la première moitié du premier album de la norvégienne Dagny qui nous y propose une dance pop fraiche et accrocheuse.
6 titres au programme et si tout ici est très classique, une bonne voix autotunée à minima (c'est discret et tant mieux), des beats simples, des claviers qui constituent l'essentiel de la portion mélodique des instrumentaux pour des compositions qui ne prétendent pas tant révolutionner quoi que ce soit que de faire le boulot, et qui le font d'ailleurs.
Un petit côté synthpop 80s  rencontrant le RnB des 90s bien sympathique enrobe la proposition de la blonde d'un côté rose-bonbon raccord avec la pochette du projet. Une belle variété d'ambiances et de tempo permet d'éviter toute redite et quand une petite guitare vient se glisser (Let Me Cry) on glisse doucement vers une pop pas très éloignée des préoccupations d'une Rihanna.
Ce qu'on peut reprocher à l'ensemble ? De manquer un peu de personnalité sans doute parce que si, indéniablement, l'ensemble est très pro et glisse bien dans l'oreille, on peinera à lui trouver ce petit quelque chose en plus qui fait la différence.
Un bon début tout de même mais il faudra que Dagny se sortent de la masse à l'avenir, pour l'instant, elle est en plein dedans même si plutôt au dessus de la pile. A suivre...

Mes favoris : Somebody, Let Me Cry, Coulda Woulda Shoulda

6,5/10

1. Come Over 3:03
2. Somebody 3:10
3. Paris 2:55
4. Let Me Cry 3:19
5. Coulda Woulda Shoulda 3:05
6. Tension 4:10


Japan, Man
2020

Japan, Man c'est Laeticia Acra, 15 ans tout juste, originaire du Liban et déjà une artiste qui fait son trou à l'âge où beaucoup en sont encore à rêver ou à obséder sur leur star préférée.
On pourra dire de la musique de Laeticia qu'elle combine un minimalisme bedroom pop avec un peu de funk et déjà beaucoup de classe et une voix déjà bien affirmée qui vous saisit dès le morceau titre pour ne plus vous lâcher.
Un petit quelque chose Billie Eilish ? Pas faux, la miss Acra partageant avec la nouvelle grande star un goût pour des mélodies douces-amères et une proposition vocale toute en retenue mais ce ne serait pas rendre justice à la jeune-fille que de l'enfermer dans un rôle de clone, ce qu'elle n'est pas. Déjà parce que sa proposition instrumentale, toute en beats malins et subtiles dissonances la sépare de la précitée. Ensuite parce que ces chansons, oui, les cinq, sont beaucoup moins faciles et simplistes que ce que la californienne créait avec son frère au même âge. Enfin parce que il y a un côté notablement plus arty dans sa musique qui, certes mélodique et accrocheuse, n'en oublie pas d'offrir quelques jolies surprises dans la manière dont elle est construite.
Tout ça nous donne un premier EP franchement étourdissant de talent qui, souhaitons, n'est que le prélude d'une vraie belle carrière.

Mes favoris : la totale !

9/10
2. Cautious 3:28
3. Easy Target 3:14
4. The Law 3:26
5. Stop Staring 3:27


Carly Paige
indie pop post rock cinematic sometimes vhs
2020

Premier EP pour Carly Page, 21 ans, qui nous vient de Los Angeles qui, non contente de mener sa petite barque, propose aussi ses chansons à d'autres artiste, et trouve preneurs !
Il faut dire que la jeune-femme s'y entend pour trousser des chansons pop parfaitement au goût du jour comme démontré sur ce Indie Pop Post Rock Cinematic Sometimes VHS au sonorités rétro-modernistes bien senties.
L'ensemble est dominé par une voix très juste et plutôt sensuelle et des beats propres et groovy sur lesquels sont superposés, façon strates, basse, guitare, claviers expansifs qui savent, pris en globalité, proposer une ambiance et un son cohérents et un poil plus edgy que la moyenne de la concurrence.
Tout au long des six titres qui composent cette oeuvre débutante, on cherche la faille sans jamais vraiment la trouver parce que, oui, très professionnel, sachant varier les tempos et les propositions mélodiques, c'est une affaire qui roule comme celle d'une vieille routarde (c'est un compliment).
Allez, on aimerait simplement qu'elle pousse un poil plus ses ambitions artistiques (comme sur le morceau final de l'exercice) qui sont parfois un peu trop limitées par la volonté de l'artiste de faire de la pop, et que la voix soit un poil plus naturelle et donc moins empesée de "trucs" de studio, mais c'est vraiment pour trouver à y redire parce que, nul doute, les amateurs de pop moderne y trouveront leur compte.

Mes favoris : Your Jacket, Summer of Nineteen, VHS, Exhale

7,5/10

1. your jacket 2:23
2. summer of nineteen 3:48
3. hot mess 3:14
4. vhs 2:42
5. phone calls with a friend (feat. Riley Biederer) 3:18
6. exhale 3:50


Fiona Silver
Hostage of Love
2020


Fiona Silver, une new-yorkaise qui mène elle-même sa barque, n'est pas de ces filles qui rechignent à jouer de leur féminité. Au contraire, la jeune-femme y va franco n'hésitant pas à booster son art d'un côté femme-fatale option danseuse burlesque assez rare dans le paysage musical actuel.
Après ses débuts il y a presque 10 ans, il semblerait bien que 2020 soit l'année de son décollage tant artistique que médiatique comme démontré sur ce nouvel EP, Hostage of Love, où la jeune-femme n'hésite pas à afficher fièrement des influences venant des girls groups des années 60, du punk 70s de sa ville mais aussi d'Albion, d'une soul crue et sensuelle le tout filtré à l'aulne de sa personnalité extravertie.
Les instrumentations sont ici classiquement rock mais au service de compositions accrocheuses et entêtantes où sa voix fait merveille.
Très atypique, tant par son aura que par sa proposition stylistique (elle rocke !), souhaitons que Fiona Silver trouve un public pour une musique plutôt oldschool et glorieusement troussée.

Mes favoris : Hot Tears, Violence, Hostage of Love

8/10

1. Dark Blue 3:52
2. Hot Tears 3:37
3. You Make Me 3:33
4. Violence 3:46
5. Hostage of Love 3:40


13 août 2020

Summer Rush XXV: This Woman's Work

Trois femmes de tête pour trois propositions musicales qui n'ont pas grand chose à voir les unes avec les autres sauf qu'elles offrent de belles voix et des visions artistiques intéressantes... Et de bonnes écoutes à tous selon les goûts de chacun. Enjoie !


A.O. Gerber
Another Place to Need
2020


Originaire de Los Angeles, A.O.  Gerber arrive avec un premier album riche et contrasté dans la grande tradition des grandes Dames de l'indie rock.
Sa voix peut évoquer Angel Olsen pour un angélisme tout en grâce mais un peu P.J. Harvey aussi pour une crudité et une énergie émotionnelle d'une belle intensité. Ses chansons sont du genre qui s'immiscent dans votre mémoire plus qu'elles ne s'y imposent, il faut dire que tout sur Another Place to Need est subtil et millimétré à commencer par des arrangements qui, riches, ne sont pas démonstratifs pour autant, des arrangements où l'on trouve des guitares suaves et discrètes, une rythmique toute en finesse mais aussi moult additions bienvenues qu'elles soient du genre synthétiques (les claviers ambiants et penchants électroniques y sont bien dosés) ou organiques (l'ajout de cuivres et de vents est une des forces de l'album).
Côté écriture, la miss Gerber est clairement déjà très au point offrant une sélection de titres qui, tout en s'inscrivant dans la tradition, font déjà montre de la vraie personnalité d'une musicienne - elle joue de la guitare, de la basse et des claviers sur son album - qui sait où elle va, glisse quelques touches d'americana dans un opus varié qui voyage entre l'Europe et le nouveau monde avec une aisance et un naturel qui laisse pantois et sait jouer, entre pics et vallées, avec un joli nuancier d'émotions et d'intensités.
Clairement, Another Place to Need n'est pas le genre d'album qui vous saute à l'oreille, tout y est trop ciselé et délicat pour ça, non, il est de ces oeuvres qui ne payent d'abord pas de mine mais sur lesquelles il est bon revenir et dans lesquels on trouve toujours de petits détails qui vous avaient échappé aux précédentes écoutes.
Reste à savoir si dans une époque où la gratification immédiate est quasiment loi une musique fine que peu racoleuse saura s'imposer. C'est tout le mal qu'on souhaite à A.O. Gerber dont on espère souvent et pendant longtemps des nouvelles si elles sont toutes du calibre de cette inaugurale offrande.

Mes favoris : Old Blue, In the Morning, Full Bloom, Every Time, All I've Known

8,5/10

1. Old Blue 5:15
2. Strangers 4:34
3. In the Morning 3:02
4. Full Bloom 4:19
5. Tell Me 5:03
6. Every Time 4:36
7. Bleeders 4:02
8. All I've Known 6:18


Mirabelle
Late Bloomer
2020


Si la québécoise Laurence Hélie s'est faite connaître, au début des années 2010, pour deux délicats albums country-folk de langue française, c'est avec un tout autre panorama musical et un nouveau pseudonyme qu'elle nous revient. Enter Mirabelle...
Hélie avait disparu depuis 2013, c'est le temps qu'il lui aura fallu pour se réinventer en créature indie pop habitant des compositions rêveuses de sa voix délicate. Sur Late Bloomer, le bien nommé, on pense parfois à une Lana Del Rey qui aurait enfin appris l'art de la nuance, on est enveloppé d'instrumentaux mixant électronique, électrique et acoustique mais surtout d'une voix et d'une écriture toute en féminité triomphante qui sait, tour à tour, nous entraîner dans de cotonneuses propositions (One in a Million, Rose White) aussi bien que dans de plus rythmiques démonstrations (Betty, Teenage Dreams) tout en gardant, cependant, une grâce elfique qui unifie toutes les pistes de l'album en un tout cohérent.
Musicalement, il y a un art consommé de ne jamais se répéter, comme si Laurence créait un puzzle où chaque pièce est essentielle au tissage de sa toile harmonique et émotionnelle. Ainsi, il n'y a pas deux chansons qui se ressemblent sur Late Bloomer mais sans qu'on ait l'impression d'une œuvre éclatée, disparate. Ainsi ira-t-on du supra-éthérée à une pop rock accrocheuse en passant par de plus folkisantes offrandes sans, cependant, jamais perdre le fil.
Allez, si on devait vraiment trouver quelque chose à redire à ce bel album, ce serait d'y entendre un léger épuisement créatif sur sa deuxième moitié où les chansons sont un petit peu moins marquantes, mais juste un peu, hein, parce que, dans l'ensemble, l'album se tient bien, s'essaye un peu à tout sans jamais vraiment manquer la cible, osant même proposer des progressions d'accords instables (Magic Spell) créant une sorte d'ivresse musicale qui manque souvent à ce genre de créations reposant trop souvent sur une conception mélodique un peu convenue.
On attendra évidemment une confirmation pour tout à fait s'emporter mais, déjà, voici un opus intelligent et marginalement original comme on aimerait en entendre plus souvent.

Mes favoris : One in a Million, Betty, Rose White, Teenage Dreams, Magic Spell

7,5/10

1. One in a Million 4:42
2. Betty 3:05
3. Phénomène 3:58
4. Wall 4:12
5. Rose White 4:19
6. Teenage Dreams 3:15
7. Daddy Long Legs 3:59
8. Cheated 2:56
9. Magic Spell 4:18
10. Don't Forget to Breathe 5:20


Jaime Wyatt
Neon Cross
2020


Si elle a pas mal d'expérience pour avoir contribué aux albums de Shooter Jennings, qui d'ailleurs produit le présent album, mais aussi de Jessi Colter et Neal Casal, Jaime Wyatt n'a qu'un album à son actif, Felony Blues, qui la voyait s'approcher de l'Outlaw Country tout en gardant une touche féminine.
Cette fois, encore plus investie dans le projet la trentenaire élargit sa palette avec un album varié où, certes, la country music reste un élément déterminant mais intégre une approche plus rock et quelques ballades pop à son catalogue.
Parce que la dame a une bonne voix, qui sent la country mais a un petit quelque chose de soul aussi, elle habite bien des compositions toutes efficaces mais force est de constater qu'entre les morceaux émotionnels (l'introductif Sweet Mess, une vraie réussite, By Your Side et Mercy, deux jolies ballades country), ceux qui penchent vers le rock un poil sudiste (le morceau titre de l'opus, Neon Cross mais aussi Make Something Outta Me, Goodbye Queen, Rattlesnake Girl) et ceux qui plongent franchement dans la country (L I V I N, Just a Woman, Hurt So Bad et Demon Tied to a Chair in My Brain), l'album souffre un peu d'un manque de cohérence.
Personnellement, j'avoue avoir une préférence quand le côté bouseux est tenu à minima mais, bon, je ne suis pas un grand fan de country (quoique, avec un côté bluesy comme sur le dernier titre, ça le fait pas mal)... Toujours est-il que bien produit, bien arrangé et proposant de solides chansons, l'album ne manque pas de qualité, juste d'une vraie ligne directrice.
J'espère que Jaime choisira de s'éloigner de la country parce que c'est là que je trouve que son chant s'épanouit le plus mais bon, à chacun de juger sur pièces ce qui reste un album roots américain de belle facture.

Mes favoris : Sweet Mess, Neon Cross, By Your Side, Goodbye Queen,
Rattlesnake Girl, Demon Tied to a Chair in My Brain

7/10

1. Sweet Mess 5:45
2. Neon Cross 4:24
3. L I V I N 3:05
4. Make Something Outta Me 2:58
5. By Your Side 5:08
6. Just a Woman (feat. Jessi Colter) 4:16
7. Goodbye Queen 3:17
8. Mercy 4:17
9. Rattlesnake Girl 3:23
10. Hurt So Bad (feat. Shooter Jennings) 3:49
11. Demon Tied to a Chair In My Brain 3:12

12 août 2020

Summer Rush XXIV: Folkish

Un hollandais et des allemands qui tournent autour de la folk sans jamais tout à fait en faire. Deux albums qui mériteront l'attention de ceux qui apprécient une musique bien produite, bien arrangée qui, tout en visant un succès mainstream, ne compromettent cependant pas leurs ambitions artistiques... Enjoie !


Sean Christopher
Wander
2020


Batave relocalise en perfide Albion, Sean Christopher sort un second album, deux ans après le prometteur Yonder, d'une pop folk DIY bien trousée.
Ha oui, il faut préciser que Sean Christopher est un peu du genre ermite musical puisque c'est seul dans son petit home-studio qu'il compose et enregistre ses chansons tout bêtes mais jolies tout plein.
Et si vocalement il pourra évoquer Chris Martin et que musicalement Coldplay n'est jamais très loin, c'est plus vers la phase débutante de la carrière des anglais que tend la musique de Sean.
Musicalement, ce n'est pas bien compliqué : une voix, parfois déclinée en version polyphonique, une guitare acoustique souvent soutenue de quelques notes de son pendant électrique, quelques claviers, percussions et programmations pour compléter l'affiche. Et des chansons bien sûr qui, généralement, jouent la carte de l'aigre-doux qu'elles soien chaloupées (In Circles) ou plus épurées voire dénuées d'éléments rythmiques (Ocean Child).
Si sa base musicale est clairement folk, Sean a cependant plus d'une corde à son arc glissant vers la une pop légère mais pas sans substance (Indigo Blue) ou quelque chose de plus adulte qu'on pourrait assimiler à ce qu'un Peter Gabriel sait (savait ?) produire quand il se décide d'alléger ses instrumentations (Glow, Our Home, Children of the Universe).
Il est certain que certains lui tomberont dessus à bras raccourcis étant donné sa ressemblance vocale avec le précité Chris Martin mais, franchement, Sean n'a pas choisi sa voix et en fait quelque chose de suffisamment personnel pour qu'on le considère comme autre chose qu'un clone de l'ex-Mister Paltrow. Et si certaines chansons sont un peu moins marquantes, glissent un peu trop dans une certaine facilité mélodique et, probablement, jouent de la ressemblance comme d'un atout commercial, c'est assez rare pour qu'on ne démette pas un petit gars qui a quand même un vrai talent pour pondre des chansons immédiatement familières, qualité qui n'est pas due à tous.
Wander est un bon petit album qui s'écoute facilement mais ne manque cependant pas de subtilité et d'intelligence musicale. Pour un second album, c'est déjà une sacrée performance !

Mes favoris :  In Circles, Ocean Child, Glow, Our Home, Children of the Universe, Doors

8,5/10

1. Oheja 3:39
2. In Circles 3:46
3. Ocean Child 4:28
4. Glow 3:18
5. Indigo Blue 3:08
6. Colossus 4:44
7. Our Home 4:44
8. Children of the Universe 4:03
9. Continue 3:45
10. Doors 3:54
11. Wander 1:58


Someday Jacob
Oxygen Will Flow
2020


Quatrième album pour les hambourgeois de Someday Jacob et, comme à chaque fois avec eux, une expérience différente de celles précédemment offertes.
Ils ne sont plus tout jeunes ces garçons-ci et ça s'entend dans une musique qui bénéficie d'une expérience pour offrir à l'auditeur un album riche et contrasté.
Cette fois, c'est vers une folk pop également influencée par la musique d'outre-Atlantique que celle de par delà la Manche, un peu comme si les Jayhawks (comme Old Familiar Weight par exemple) rencontraient Snow Patrol (Charm of Men) sous le patronage d'un Paul McCartney (Always on the Run) ou d'un Brian Wilson (Trelissick Garden). Clairement, le jeunisme n'est pas au programme de cet Oxygen Will Flow qui se concentre avant tout sur la composition et l'arrangement de bonne chansons ayant pour but ultime de flatter les tympans d'auditeurs de leur génération (trentenaires et quarantenaires).
Un peu plan-plan tout ça ? Si vous considérez que ne pas désespérément tenter d'accrocher de jeunes oreilles est plan-plan, alors oui, c'est ce que sont Someday Jacob. Parce que cette musique qui ne paye pas de mine, salue parfois le soft rock nord-américain (Gone) ou une folk-pop d'obédience britannique rehaussée d'ajouts instrumentaux riches et même surprenants (je ne vais pas "spoiler) comme sur l'éthéré Lusty Glaze, Gone (Reprise) ou Bitter Winds est avant tout le travail d'artisans appliqués et inspirés qui ont mis les petits plats dans les grands jusqu'à aller mixer leur opus au fameux Abbey Road.
Alors, OK, ça ne donne pas le plus flashy des albums mais ça n'en est pas moins une jolie petite galette suffisamment variée pour attirer quelques vieilles barbes nostalgiques, et souhaitons quelques jeunes pousses aussi, dans leur filets.

Mes favoris : Charm of Men (+ Reprise), Gone (+ Reprise), Lusty Glaze,
Always on the Run, Bitter Winds, Trelissick Garden, Kissing the Dawn

8/10

1. Charm of Men 1:40
2. Old Familiar Weight 3:41
3. Gone 3:29
4. Lusty Glaze 2:17
5. Grenade Ravine 3:37
6. Gone (Reprise) 0:44
7. Tailored Burden 2:55
8. Always on the Run 4:01
9. Bitter Winds 3:55
10. Trelissick Garden 2:12
11. Delicate Ratio 4:30
12. Kissing the Dawn 3:54
13. Charm Of Men (Reprise) 2:22

11 août 2020

Summer Rush XXIII: Ep Mania 6 (Rockorama Pt. 2)

Un vieux et plein de petits jeunes pour 5 EPs rock au sens large, c'est le programme du jour et une offre toute en variété où chacun pourra trouver son bonheur, enfin, espérons... Enjoie !


John Fogerty
Fogerty's Factory
2020


John Fogerty est souvent revenu sur son glorieux passé de compositeur/leader des légendaires Creedence Clearwater Revival. A 75 ans, accompagné de ses trois enfants (Kelsy, Shane et Tyler) il se fait un petit plaisir en famille.
Bon, il suffit de regarder la liste des chansons pour savoir qu'on a affaire à d'excellentes chansons. Les présentes versions ? Clairement, elles ne peuvent pas rivaliser avec les originales mais déjà parce que le contexte est très différent, relectures acoustiques ou électriques mais sans batterie obligent, ensuite parce que la voix de Fogerty a quand même beaucoup vieilli. Ceci dit, élaboré sans fioriture et juste pour le fun, Fogerty's Factory est une sympathique petite galette qu'on écoute avec le sourire aux lèvres et une petite larme à l'oeil parce que c'est tout de même très nostalgique et rappellera forcément aux vieux de la vieilles quelques souvenirs. Simplement, ne vous attendez pas à un grand frisson, juste à un petit plaisir ce qui n'est déjà pas si mal.

Mes favorites : Have You Ever Seen the Rain, Bad Moon Rising, Proud Mary

7/10

1. Centerfield 3:54
2. Have You Ever Seen The Rain 2:37
3. Long as I Can See the Light 2:56
4. Down on the Corner 2:39
5. Bad Moon Rising 2:27
6. Fortunate Son 2:34
7. Proud Mary 2:27


Lilac Kings
Desolation Desperation
2020


De Tulsa, Oklahoma nous viennent les Lilac Kings, quatuor qui a décidé de faire évoluer son pop punk vers quelque chose de plus progressif et tempéré.
L'intention est excellente, la réalisation demandera sans doute aux petits gars de perfectionner l'option, s'ils choisissent de la pérenniser. Présentement, ce qui nous est proposé n'est pas indigne, rappelle un peu un Coheed et Cambria en plus primitif, la voix y est pour beaucoup, ou un Dance Gavin Dance en plus direct, toutes ces petites guitares matheuses n'y sont pas pour rien.
Bref, avec une mise en son qui est propre à défaut d'être exceptionnelle et des compositions pleines de bonne idées mais pas exactement assez marquantes pour qu'on s'enthousiasme pleinement, Lilac Kings a une bonne base de travail, à défaut de plus...

Mes favoris :  Machines in the Forest, Astral Straits

6/10

1. Cosmic Background 0:53
2. Are We Lovely? 2:36
3. Machines in the Forest 3:07
4. A Degree of Intrepidity 3:20
5. Astral Straits 4:10
6. Winter’s Wounds 3:54


Joanne Shaw Taylor
Reckless Blues
2020


A 35 ans, avec déjà 7 albums à son actif, l'anglaise Joanne Shaw Taylor a clairement de l'expérience.
Présentement, elle ne produit pas autre chose que ce dont on la sait capable : un blues rock gorgé de feeling où son talent de guitariste et sa voix cassée pleine de soul s'expriment avec aisance et classe.
Certes, les mauvais esprits iront dire qu'il n'y a rien de bien neuf dans cette musique et s'ils n'aurons pas vraiment tort, on leur fera quand même remarquer que les filles qui dominent aussi bien leur sujet, au point qu'on en oublie rapidement son appartenance au sexe dit faible (quelle blague !) pour se concentrer sur de solides compositions que la dame habite tout en puissance et finesse faisant même un petit détour par l'acoustique sur un bien senti Creepin'.
Les amateurs de blues rock apprécieront, à n'en pas doute !

Mes favoris : Human, Here Comes the Flood, Creepin'

8/10

1. Human 3:21
2. Slow Dancing In A Burning Room 3:41
3. Here Comes The Flood 5:15
4. Creepin’ (Demo Version) 3:49
5. Reckless Boogie 3:09


Zelma Stone
Dreamland

2020


Quelque par entre dream pop, folk et rock, la musique de Chloe Zelma Studebaker fait son petit effet.
La native de San Francisco a audiblement mis tout son cœur dans une petite galette délicate et émotive où de jolies guitares ambiantes, une section rythmique discrète et des claviers texturent une voix sachant allier puissance et finesse sur 5 chansons dont, franchement, aucune ne déçoit.
De là à dire qu'on tient une potentielle future grande, il n'y a qu'un pas qu'on ne franchira tout de même pas On attendra pour ce faire de voir ce qu'un long-jeu, qui souhaitons ne tardera pas, pourra offrir mais, déjà, il y a matière à réjouissance et une vraie belle personnalité qui ne demande qu'à s'épanouir.
Recommandé.

Mes favoris : Dreamland, Body Talk, We're All Gonna Die

8/10

1. Fly 3:38
2. Dreamland 4:27
3. Body Talk 3:41
4. Pastel Purple 4:31
5. We’re All Gonna Die 3:22


NoBro
2020

Pour un début, c'est super prometteur !
Voici ce que je me suis dit à l'écoute du Sick Hustle de NoBro qui nous propose quatre titres d'un glam rock musclé, sorte de relecture punkifiée d'un Runaways débutant.
Ici la formule n'est pas bien compliquée, de gros riffs un poil simplistes mais extrêmement efficaces, un chant tout en attitude et des refrains à reprendre en chœur.
Si Don't Die, le plus entêtant du lot, est clairement le tube de la galette, tout ici est d'une vraie qualité : belle mise en place, maîtrise instrumentale irréprochable, production idéale pour une musique aussi fun que possible... C'est un sans faute !
En fait, le seul reproche qu'on pourra faire à l'EP inaugural de NoBro est de ne proposer que 11 minutes et quelques secondes de leur excellente mixture parce que, quand c'est si bon, ça devrait vraiment être plus long !
On attend donc de pied ferme le premier album du quatuor d'Ottawa en espérant qu'elles reproduiront la performance.

Mes favoris : Tout !

9/10

1. Don't Die 3:24
2. Til I Get It All 2:28
4. Marianna 2:39

10 août 2020

Summer Rush XXII : Paris, Texas

Cinq texans d'Austin et un français de la capitale... Le point commun ? Les synthétiseurs à l'ancienne et un amour des mélodies pop. Ouais, c'est un peu le plus petit dénominateur commun mais il faudra vous en contenter. Enjoie !


Sweet Spirit
Trinidad
2020


L'image d’Épinal du texan chapeauté de son Stetson et jouant de la country où du blues bien gras ne s'applique clairement pas à Sweet Spirit, groupe d'Austin ayant choisi de revisiter les années 80 via une pop toute en héroïsme synthétique et revival glam pop.
En fait, tout est dit stylistiquement à l'écoute des deux premiers titres de Trinidad, leur troisième opus, où claviers glorieux, guitares précises et sèches et rythme un poil dansant sont couronnés par la voix "à la Blondie rencontre No Doubt" de Sabrina Ellis. Le premier des deux, Behold, privilégie une ambiance synthétique pas très éloignée de ce que pouvait produire Kim Wilde à son heure de gloire quand le second, Fear Is a Lie, met en avant des guitares qu'on aurait bien imaginé chez les Cars ou un XTC ayant dépassé le post-punk de ses débuts mais pas encore trouvé sa pop post-Beatles de sa fin de carrière.
A partir de là, le reste de l'album est une déclinaison et un compromis des deux tendances avec, par exemple, un No Dancing presque synthpop, un Fingerprints dansant glissant un peu de disco et de ska dans son mix ou un Only Love aux immanquables inflexions de ballade glam pop. Mais attention, pour revivaliste que soit la musique de Trinidad, elle n'en oublie d'actualiser sa proposition sonore via une production moderne (de belle qualité qui plus est).
Tout ceci nous donne un album sucré avec quelques bienvenues gouttes d'acide dedans, nostalgique, certes, mais pas passéiste pour autant. Pas une œuvre qui chamboulera quoique ce soit mais une bonne petite galette qu'on écoute avec un plaisir non feint d'autant plus qu'avec une tracklist et une durée ressérrées (9 titres pour 33 petites minutes), il a l'intelligence de nous laisser un reste d'appétit pour la recette servie.

Mes favoris : Behold, Fear Is a Lie, Fingerprints, Y2K, Empty Bottle

7,5/10

1. Behold 4:09
2. Fear Is a Lie 3:01
3. No Dancing 2:52
4. Fingerprints 4:41
5. Llorando 3:56
6. Y2K 2:52
7. Only Love 4:09
8. Coincidence 3:31
9. Empty Bottle 4:06


Sébastien Tellier
Domesticated
2020


7ème album pour Sébastien Tellier mais le premier depuis 2014 trop occupé qu'était le fameux barbu entre bandes originales de films et un album composé pour la danseuse burlesque Dita Von Teese.
Sans surprise, Domesticated continue dans la verve synthpop meets French touch de ses précédents opus à savoir une musique où les synthétiseurs et programmations tiennent la tête d'affiche, où le chant est souvent manipulé et où ça plane pas mal.
Et ça fonctionne parce que tout ceci est fait avec beaucoup d'élégance et une jolie sélection de mélodies bien trouvées qui rappellent souvent Air et Phoenix tout en cultivant leur petit particularisme, la Tellier's touch dira-t-on.
Concrètement, c'est le genre de musique sur laquelle on s'imagine bien danser mollement en fin d'une soirée club un peu trop arrosée.
Au meilleur, ça joue avec l'électro et la pop (A Ballet, Venezia, Oui, Hazy Feelings) dosant avec intelligence et bon goût et rajoutant un peu de Polnareff (Oui) ou de funk (Venezia, Hazy Feelings) pour varier les plaisirs, au pire c'est un poil trop jeuniste avec un autotunage excessif et des mélodies un poil trop faciles (Stuck in a Summer Love, Domestic Tasks) ou manque un poil de dynamique (Atomic Smile). Ben ouais, ce n'est pas un album parfait, Tellier n'en a jamais fait d'ailleurs, mais le bon dépassant largement le dispensable, on peut le considérer comme un bon cru.
En gros, si vous aimez Tellier, vous pouvez y aller sans crainte. S'il vous agace, Domesticated n'y changera rien.

Mes favoris : A Ballet, Venezia, Oui, Hazy Feelings

7/10

1. A Ballet 4:46
2. Stuck in a Summer Love 4:16
3. Venezia 3:13
4. Domestic Tasks 5:25
5. Oui 3:59
6. Atomic Smile 3:09
7. Hazy Feelings 3:24
8. Won 3:51

9 août 2020

Summer Rush XXI : A Whole Lotta Sound!

Deux mastodontes ! Deux mondes musicaux riches et presque 50 ans entre les deux. Et pour ceux qui pensent que la musique n'a plus rien à offrir de neuf, deux bonne claques ! Enjoie.


Neptunian Maximalism
Éons
2020


Des fois on tombe sur des mecs qui ne veulent pas faire comme tout le monde, qui ont décidé non pas de secouer le cocotier mais de le déraciner, de le disloquer, de le reformer à leur façon et de le replanter donnant un machin qui ne ressemble à rien d'autre qu'à lui-même.
Alors on pourra citer les influences, ou au moins les ressemblances, qui nous viennent à l'écoute de la chose : Univers Zero, Fantômas, Merzbow, Oranssi Pazuzu, John Zorn, Sunn O))), Sun Ra, etc. Mais même là, ce n'est pas rendre justice à un collectif belge à géométrie variable (présentement en quartet) qui est parvenu à créer son propre univers et nous l'offre sur un album long et généreux (plus de 2 heures !) aux parfums de fin du Monde.
En vérité, Éons est le genre d’œuvre où il faut oublier ses préconceptions et se laisser porter par la proposition des créateurs. C'est étrange, souvent malsain, toujours trippant, jamais ennuyeux et même souvent beau mais, ce qui est le plus incroyable, parce que les gars de Neptunian Maximalism y vont fort, c'est que ce n'est jamais difficile à écouter.
Vu sa durée, et malgré les très chaudes recommandations, j'avoue que j'avais mis l'album de côté, le gardant pour un jour où j'aurais envie de me vriller les neurones. J'y suis rentré à petits pas, hésitant devant son immensité et j'ai été emporté. Les deux heures et quelques minutes qu'il dure, je ne les ai pas vu passer, j'ai été comme hypnotisé, possédé par cette musique tribale et spatiale, par un assemblage savant, parce qu'il faut un sacré savoir-faire pour pondre un truc pareil, mais jamais ardu. En en ressortant, je me suis dit que c'était trop beau pour être vrai alors je n'en ai pas parlé, je me le suis gardé et, dès le lendemain, je l'ai remis... pour voir. Et, une fois de plus j'ai été transporté, captivé, ensorcelé par l'audace et la magie (noire ?) de ce que ces quatre belges sont parvenu à créer.
Toi qui m'a lu jusque là, toi qui est curieux, avide de nouvelles sensations ou simplement de bonne musique unique en son genre et dépassant l'entendement et les clivages, tu sais ce qu'il te reste à faire !

Mes favoris : TOUT !

10/10

I. To the Earth
1. Daiitoku-Myōō no ŌDAIKO 大威徳明王 鼓童 - L'Impact De Théia durant l’Éon Hadéen 6:13
2. NGANGA - Grand Guérisseur Magique de l’ère Probocène 8:35
3. LAMASTHU - Ensemenceuse du Reigne Fongique Primordial & Infanticides des Singes du Néogène 3:59
4. PTAH SOKAR OSIRIS - Rituel de l’Ouverture de la Bouche dans l’Éon Archéen 9:16
5. MAGICKÁ DŽUNGL'A - Carboniferous 2:20
6. ENŪMA ELIŠ - La Mondialisation ou la Création du Monde Éon Protérozoïque 7:10
II. To the Moon
7. ZÂR - Empowering The Phurba  Éon Phanérozoïque 7:05
8. VAJRABHAIRAVA Part I - The Summoning (Nasatanada Zazas!) 6:03
9. VAJRABHAIRAVA Part II - The Rising 2:04
10. VAJRABHAIRAVA Part III - The Great Wars of Quaternary Era Against Ego 8:35
11. IADANAMADA! - Homo-sensibilis se Prosternant sous la Lumière Cryptique de Proboscidea-sapiens 5:37
12. Ol SONUF VAORESAJI! - La Sixième Extinction de Masse Le Génocide Anthropocène 12:32
III. To the Sun
13. EÔS - Avènement de l’Éon Evaísthitozoïque Probocène Flamboyant 18:32
14. HEKA HOU SIA - Les Animaux Pensent-ils Comme on Pense qu’ils Pensent 6:20
15. HELIOZOAPOLIS - Les Criosphinx Sacrés d’Amon-Rê, Protecteurs du Cogito Ergo Sum Animal 15:24
16. KHONSOU SOKARIS - We Are, We Were and We Will Have Been 8:36

Guillaume Cazalet (Czlt) - amplified bass and barytone guitar, bow, sitar, flute, trumpet & vocals
Jean Jacques Duerinckx - amplified saxophone barytone and sopranino
Sebastien Schmit - drums, percussions, gongs, vocals
Pierre Arese - drums, percussions


Miles Davis
The Lost Septet
1971/2020


Un Miles Davis inédit ? Mais ça ne se refuse pas ma bonne dame ! Quand en plus il s'agit d'une formation dont ce sera probablement la seule trace discographique, l'intérêt en est décuplé.
Dans les faits, c'est en 1971 que Miles Davis assemble et part en tournée européenne avec six compagnons. Un album aurait été prévu mais, pour d'obscures raisons, ne vit jamais le jour. C'est donc d'un enregistrement live dont il faudra se contenter, enregistrement capté par la radio autrichienne d'un concert à la Wiener Konzerthause de Vienne le 5 novembre 1971.
Sur The Lost Septet, on retrouve des morceaux de Jack Johnson, de Live Evil, de Bitches Brew et même Directions qui sera retravaillé pour l'album compilation du même nom et dont on entend ici une des rares versions live.
Musicalement, il n'y a pas vraiment de surprise, et donc pas de mauvaises surprise non plus, c'est de Miles Davis dans sa période "rock" dont il s'agit avec beaucoup de percussions (il faut dire que la formation comprend un batteur et deux percussionnistes) et un Miles très en forme qui crépite comme rarement, lui dont les mauvaises langue disent qu'il a inventé le Cool Jazz parce qu'il ne pouvait pas jouer vite... La prise de son n'est pas exceptionnelle mais demeure suffisamment claire pour qu'on puisse apprécier la qualité de la prestation mais bon, avouons, ça sonne comme un (très) bon bootleg.
Est-ce essentiel ? Pour les aficionados de l'homme à la trompette, forcément !, pour les autres, ça dépendra de leur préférence quand à l'inclinaison stylistique qui a leur faveur mais, franchement, la qualité d'ensemble pousse à recommander l'expérience.
Après, nul doute que les ayant-droits de feu-Mr. Davis ont des dollar plein les yeux et plus d'intérêt à faire fructifier leur patrimoine que de privilégier l'intégrité artistique de la discographie de Miles. Pour le coup, elle en sort intacte et même (un peu) grandie parce que, oui, The Lost Septet est un bon live et ça, bouclons la boucle, ça ne se refuse pas ma bonne dame !

Mes favoris : Directions, What I Say, It's All About Time, Yesternow


8/10

Disc 1
1. Directions 15:32
2. Honky Tonk 13:16
3. What I Say 16:11
4. Sanctuary 6:04

Disc 2
1. It’s About That Time 15:14
2. Yesternow 14:09
3. Funky Tonk 19:35
4. Sanctuary (reprise) 1:16

Miles Davis - trumpet
Gary Bartz - soprano & alto sax
Keith Jarrett - electric piano, organ
Michael Henderson - electric bass
Ndugu Leon Chancler – drums
Charles Don Alias – percussion
James Mtume Foreman – percussion

8 août 2020

Summer Rush XX: Yesterday... and Tomorrow?

Si vous demandez à un metalleux de vous citer quelques groupes qui sont à l'origine de son genre de prédilection, il vous lancera probablement les noms de Black Sabbath, Led Zeppelin et... Deep Purple. Si vous lui demandez à quoi ressemblera le futur du metal, il hésitera mais, moi, j'ai la réponse et je vous la livre dans un double billet célébrant hier... et demain ! Enjoie.


Deep Purple
Whoosh!
2020


A chaque nouvel album des vétérans anglais, ou ce qu'il en reste avec, rappelons-le, le seul Ian Paice comme membre fondateur encore en exercice, c'est la même chose, on prédit que c'est la fin de Deep Purple, qu'il y a des signes qui ne trompent pas, etc.
Ça avait commencé avec Abandon, à cause de son titre, s'était poursuivi sur Rapture of the Deep et son imagerie de fin du monde, était encore revenu avec Now What?! où, c'était l'évidence, le quintet préparait sa retraite, et encore une fois avec Infinite pour le coup pris comme un titre ironique. Cette fois, c'est dans le corps de l'album, dans le choix de clore l'exercice avec le morceau qui avait ouvert le tout premier opus du groupe - il y a... 52 ans ! - l'instrumental And the Address, que oui, forcément, on y est... Alors peut-être que ce sera en effet le cas, et peut-être pas, seul eux, ces vieux messieurs qui en ont encore sous la semelle, le savent.
En attendant, voici le 21ème long-jeu des papys, un des groupes fondateurs du hard rock et, conséquemment, du heavy metal mais qui s'en est souvent éloigné - jusqu'à pondre un album de funk rock avec Come Taste the Band - et ont depuis viré leur cuti se concentrant sur un classic rock qui colle bien avec leurs barbes blanches et leurs cheveux de plus en plus rares. Un classic rock qui conserve cependant certaines des caractéristiques de leur trademark sound des années 70, peut-être par opportunisme commercial, plus sûrement parce que c'est ce qu'il savent faire.
Et donc Whoosh!, 5ème album du Deep Purple Mark VIII, la formation la plus endurante avec 18 ans d'activité ! Que vaut-il ce nouvel opus ? Est-ce une nouvelle proposition qui satisfera les fans et pas grand monde de plus ? Sur la foi du sympathique extrait proposé en amuse-bouche, Throw My Bones, c'était l'hypothèse la plus probable, à l'écoute de l'entièreté de l’œuvre, c'est désormais confirmé. Soyons clairs, et un peu résignés aussi, l'idée d'un album miraculeux a vécu, il faut passer à autre chose, et puis, en l'occurrence, dans cette catégorie, nous avions eu Purpendicular où l'arrivée d'un Steve Morse avait dynamité les vieilles habitudes pour le meilleur, vraiment.
Ça ne veut cependant pas dire que Deep Purple n'ait plus rien à dire. Prenez, par exemple, l'enchainement entre un court instrumental progressif (Remission Impossible) et son développement en une chanson qui ne l'est pas moins (Man Alive), on y entend un groupe qui en a encore dans le cœur et dans le ciboulot et développe de jolies nuances dans les climats et inclus même un récitatif de Ian Gillan, de l'inédit, donc, mais pas de révolution.
Pas de révolution parce que, ailleurs sur l'album, outre cette composition tout de même un poil surprenante, on revient à quelque chose de plus attendu avec des morceaux généralement bien troussés mais qui ne secouent aucunement le cocotier. C'est ce que fait l'apéritif Throw My Bones, c'est aussi le cas Drop the Weapon, de We're All the Same in the Dark, de No Need to Shout, bref, de l'immense majorité de Whoosh! où, d'Hammond ronflant en riffs efficaces et soli maîtrisés, de rythmes entrainants en mélodies de chant qui sont du pur Gillan on ne s'ennuie certes pas mais c'est d'une indéniable habitude esthétique et compositionnelle dont il s'agit avec des variations dans les tempos, dans l'intensité et la structure des titres parce que ces messieurs sont tout de même de vieux pros qui savent encore utiliser les possibles de leur bases harmoniques et compositionnelles et s'amuser en ciselant des arrangements suffisamment imaginatifs pour ne pas lasser.
OK, outre le duo évoqué précédemment, il y a d'autres petites surprises comme Nothing at All et son petit jeu de questions/réponses entre Morse et Airey qui est croquignolet et évoquerait presque un Emerson Lake & Palmer s'il n'y avait ce bon vieux Gillan et sa voix si typique pour ancrer le tout dans la tradition du pourpre profond.
Il y a aussi quelques morceaux où le carburant semble manquer au vieux véhicule comme, en particullier, sur le rock qui se voudrait énergique qu'est What the What, un peu à la Woman from Tokyo, mais rate sa marque par une mollesse qui montre que ce n'est pas toujours facile d'être et d'avoir été. Heureusement, c'est un épiphénomène d'un opus qui séduit plus qu'il ne nous force à constater l'inévitable fin d'activité qui finira bien par arriver... Le plus tard possible, souhaitons !
Parce que si ce Deep Purple là n'est plus la machine de guerre racée et furieuse d'un In Rock, d'un Machine Head ou d'un Burn, pour ne citer que leurs plus grands classiques, c'est encore et toujours une formation qui force la sympathie et démontre un beau savoir-faire ce qui, sachant que ses membres ont encore 66 et 74 ans, est déjà énorme !
Whoosh! n'est pas un grand album mais Whoosh! est déjà un bon album avec quelques vrais beaux moments et, donc, une galette recommandée à ceux qui apprécient le son de Deep Purple et, pourquoi pas, aux curieux de passage qui, allez savoir !, pourrait bien y trouver une raison de creuser la carrière longue et fertile d'un groupe indéniablement légendaire et qui a encore de beaux restes.


Mes favoris : Throw My Bones, Drop the Weapon, Nothing at All,
The Power of the Moon, Remission Impossible, Man Alive

8/10

1. Throw My Bones 3:38
2. Drop the Weapon 4:23
3. We're All the Same in the Dark 3:44
4. Nothing at All 4:42
5. No Need to Shout 3:30
6. Step by Step 3:34
7. What the What 3:32
8. The Long Way Around 5:39
9. The Power of the Moon 4:08
10. Remission Possible 1:38
11. Man Alive 5:35
12. And the Address 3:35
Bonus
13. Dancing in My Sleep 3:51


Imperial Triumphant
Alphaville
2020


4ème album pour les expérimentateurs du metal extrême d'Imperial Triumphant deux ans seulement, serait-on tenté de dire vu la complexité et l'aventurisme de leurs propositions, après un Vile Luxury qui était alors leur plus étourdissant tour de force.
Sur Alphaville, vous retrouverez bien le groupe du précité mais avec encore plus de maîtrise et de volonté d'élargir le spectre via des influences hors metal qui font indéniablement la différence.
Qu'on se le dise cependant d'entrée de jeu, ceux qui n'aiment pas être violentés, surpris et déstabilisés peuvent immédiatement passer leur chemin parce que la conception du metal du trio new-yorkais pousse très loin le bouchon de l'anticonformisme avec, dès l'attaque de l'album, un Rotted Futures qui évoquera aux progueux et aux anciens une sorte de fusion entre Magma et Voivod avec quelques machins hérités du black metal jetés dans le mix.
L'inclinaison iconoclaste est d'ailleurs immédiatement confirmée par un Excelsior où jazz, abstraction metal et vocaux death sont le terreau fertile d'une imagination qui ne l'est pas moins pour un résultat aussi progressif et déconstruit que possible et un effet qu'on assimilera à une ivresse confinant au délirium tremens. Du coup, City Swine, qui aurait été d'une intense bizarrerie sur n'importe quel autre album assimilable à l'avant-garde metal avec son piano et ses riffs atonaux et son balancement entre jazz metal et doom alien parait presque normal, mais presque seulement parce qu'Imperial Triumphant y retient cette "voivodité", cet esprit frondeur (jusque dans un solo de percussions !) qui fait sa personnalité.
Jamais à une fantaisie près, le groupe débute le morceau suivant, Atomic Age, par un quartet vocal oldschool avant, évidemment de repartir dans ses élucubrations où riff maladif, vocaux malsains entrainent l'auditeur dans nouvelle odyssée de l'étrange ponctuée de guitares qu'on qualifierait de floydiennes si elle ne jouaient pas tant la carte de la dissonance, voix world et babil satanique, et sections blastées option tapis de bombe à cartoonland, étonnant, et satisfaisant. Tout comme Transmission to Mercury qui, passé un piano entre jazz et classique et un petit coup de trombone suave à souhait débouche, sans crier garde, dans un black metal ambiant qui parvient à retenir un je-ne-sais-quoi de jazz le tout couronné de vocalises que ne renierait pas le sieur Vander pour son volcanique et légendaire projet.
Quand vient le morceau titre de la galette, on se dit que plus rien ne pourra nous surprendre et, de fait, c'est un peu le cas parce qu'entre progressisme pas si éloigné d'un Univers Zero, influences jazz et riff déjantés, c'est un peu la même sauce que ce qu'on nous a donné à goûter avant. Attention !, pas que la composition ne produise pas son petit effet, juste qu'on s'est alors suffisamment habitué à la proposition d'Imperial Triumphant pour se trouver en territoire connu. Allez, un petit salut au Fantômas de Mike Patton & Cie, ça fait sens dans ce genre d'album, mais rien de profondément déstabilisant en l'occurrence, juste une belle barjerie qu'on suit, sourire aux lèvres, en se disant que, tout de même, il ne faut pas être tout à fait bien dans sa tête pour produire un tel chaos !
Et ça continue avec The Greater Good qui continue dans une formule plus ou moins similaire avec moult cassures de rythme et petites trouvailles instrumentales jusqu'à un final qui évoque le plus expérimental de l'art compositionnel d'un John Carpenter. Pas le titre le plus décisif de l'opus mais une belle addition à cet Alphaville pas comme les autres.
En bout de course de l'album, et en bonus, sont jetés en pâture deux reprises qui, finalement, en disent beaucoup sur les influences et la culture musicale de ces foutraques individus : Experiment de Voivod et Happy Home des Residents, preuve supplémentaire, s'il en fallait que rien ici n'est tout à fait normal ce dont on se félicite.
On ne va pas se mentir, cette musique aussi unique qu'étrange n'est pas à mettre entre toutes les oreilles, beaucoup n'y trouveront qu'une accumulation de tout ce qui est passé dans les ciboulots malades des membres du groupe, ce qui est d'ailleurs sûrement vrai sauf que, dans son incohérence de malade, Imperial Triumphant est parvenu à produire une galette paradoxalement d'une belle... cohérence !

Mes favoris : Rotted Futures, Excelsior, Atomic Age, Transmission to Mercury, Alphaville

9/10

1. Rotted Futures 5:59
2. Excelsior 5:52
3. City Swine 6:56
4. Atomic Age 8:43
5. Transmission to Mercury 6:41
6. Alphaville 8:10
7. The Greater Good 7:22
Bonus
8. Experiment (Voivod cover) 4:48
9. Happy Home (The Residents cover) 4:48

7 août 2020

Summer Rush XIX: EP mania 5 (Indierama Pt. 2)

A lire ce qui suit, certains se diront que je suis trop bon public, d'autres que j'ai eu de la chance de dénicher toutes ces merveilles plutôt obscures... Mais ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est d'un processus de sélection dont il s'agit avec beaucoup de partants pour, finalement, peu d'arrivants, parce que je vous soigne et que vous méritez le meilleur. Enjoie !


BLÓM
Flower Violence
2020


Il y en a qui vous dirons que les filles, quand elle font de la musique, ont tendance à privilégier la douceur. Ceux-ci n'ont clairement pas entendu Blóm, trio de filles de Newcastle Upon Tyne composé d'Erika Leaman à la  basse, d'Helen Walkinshaw au chant et à la guitare et de Liz McDade à la batterie qui, sur leur premier EP/mini album proposent un post-punk déconstruit et brutal où les relents math rock, noise et new-wave (quelques claviers pimentent l'affaire) sont aussi bien venus que bien vus.
 Ces trois là, en 26 minutes et seulement 5 chansons ont le chic pour vous pilonner les tympans et vous vriller les neurones avec un cocktail qui, s'il m'a un peu fait penser aux japonais de Melt Banana ou aux américains de Milemarker, est définitivement son propre animal. Déjà parce que la voix de Liz, déclamante mais totalement féminine, est une rareté dans un genre où les filles imitent trop souvent les garçons quand elles ne jouent pas l'atout charme. Ensuite parce que la fondation rythmique de la chose, souple et variable, leur permet de ne jamais rester très longtemps en place instillant un côté chaotique qui leur va bien au ton. Enfin parce que les guitares et les claviers sont autant des atouts bruitistes que des vecteurs mélodiques aussi inattendus que louables.
En résumé ? Flower Violence est une galette séductrice parce que destructrice, charmeuse parce qu'expérimentale, attirante parce que sans jamais le moindre compromis mais avec un tétrachiée d'idées aussi iconoclastes que malines que ce soit dans les déboulés furieux (la majorité de l'opus) ou dans une obsédante et hypnotique montée de tension (Ubermensch) avec, qui plus est, des textes engagés et intelligents questionnant l'ordre établi et affirmant un goût bienvenu pour une contre-culture totalement raccord avec leur musique venue d'ailleurs.
Vous l'aurez compris, je suis séduit parce que tout ici est une affirmation artistique et viscérale d'un individualisme qui fait du bien à entendre dans un monde de moutons bêlants.(...)

Mes favoris : Audrey, God, Ubermensch en priorité mais, franchement, tout fait sens !

9/10

1. Audrey 4:32
2. Meat 4:49
3. God 4:25
4. Ubermensch 8:05
5. Be Kind 4:40


Konradsen
Rodeo No. 5
2020


Duo norvégien déjà auteur d'un album remarqué l'an dernier, Saints and Sebastian Stories, Konradsen revient avec un nouvel EP où leur indie pop aux inflexions post-rock et soul est toujours aussi séduisante et personnelle... Bonne nouvelle.
Bonne nouvelle en particulier pour ceux qui aiment la musique intimiste mais tout de même festoyante dans ses arrangements, mélodiquement accrocheuse mais cependant glorieusement arty couronnée d'une belle voix féminine au charmant voile pas sans rappeler une Macy Gray quand elle met la pédale douce sur ses "trucs" vocaux.
En vérité, aucune des 5 chansons composant le présent exercice ne déçoit si bien que le petit quart d'heure que dure l'opus est vraiment le seul défaut qu'on puisse trouver ici parce que, vraiment, c'est trop court.
En attendant un second opus, pour bientôt on espère, on se contentera de cette petite tranche d'intelligence et de délicatesse musicale aux cinématique climats rappelant parfois les glorieux débuts d'un Goldfrapp.
La suite, vite !

Mes favoris : Give It Back to the Feelings, The Year Is Over Rodeo No.5, Many People
(la 5ème étant un joli interlude instrumental)

8,5/10

1. Give It Back To The Feelings 2:55
2. The Year Is Over 3:00
3. Rodeo No. 5 3:22
4. Christoff 2:02
5. Many People 3:35


Philemon
Hourglass
2020


Si je vous dit que Philemon, alias Anton De Boes, aime les Beatles et que ça s'entend et que vous tombez sur la première piste de son Hourglass, Are You Coming to Get Me, vous ne pourrez qu'apprécier l'extrême justesse de mon analyse.
Si je vous dit que la deuxième piste, Belly Dancers, et les titres qui suivent aussi, confirment cette assertion et qu'ils vous arrivent à l'oreille, vous commencerez à penser qu'on a ici affaire à une histoire de clonage un peu embarrassante et vous n'auriez pas tort si la musique ne sonnait aussi juste avec un je-ne-sais-quoi qui la sépare des Fab Four, un côté planant, une somme d'arrangements qui sonnent finalement assez actuels et un côté indie dans le fait de ne pas se reposer sur des refrains faciles mais bien sur des climats bien construits et des mélodies délicatement ciselées.
Ceci dit, il est évident que les amateurs des plus rêveuses des compositions des fameux liverpuldiens peuvent s'aventurer sur Hourglass avec la certitude d'y trouver moult motifs de satisfaction. Et comme, finalement, ce n'est pas chose facile, que reste-t-il à dire ? Ben, bravo Philemon, tout simplement !

Mes favoris : Are You Coming to Get Me, Belly Dancers, How Do You Do, Time

8,5/10

1. Are You Coming To Get Me 2:53
2. Belly Dancers 3:05
3. How Do You Do 4:02
4. Easy Way Out 4:38
5. Time 3:12
6. Tomorrow  2:36


Léon Rousseau
And the Divine Siblings

The Flood
2020


Léon Rousseau travaille habituellement pour le cinéma où il compose, mixe, bruite, bref, vit le quotidien d'un intermittent du spectacle dans un monde où il vaut mieux avoir plusieurs cordes à son arc.
Accompagné de sa progéniture, il a décide de faire de la musique pour lui et il a eu bien raison parce que le résultat, un indie rock flirtant avec la pop et le post-rock, donne une jolie galette qui ne déparerait pas dans le catalogue des Flaming Lips ou de Mercury Rev.
Ici les arrangements sont au cordeau, avec un peu de folk dedans, beaucoup de voix se répondant et une belle qualité d'écriture. Évidemment le monsieur étant un ingé son, c'est impeccablement enregistré et mixé mais, si le flacon est beau, ce qu'il contient est encore plus intéressant à savoir des compositions qui savent varier les climats, surprendre par la large palette qu'ils proposent (de la pop tout en ambiance de Shades of Green en passant par le synthpop spatiale de The Canary in the Mine ou les ambiances cinématiques et presque cabaret, à la Divine Comedy, de Babyboomers), voici une jolie collection qui ne demande qu'une chose : une suite !
Les entreprises familiales ne sont pas toujours une bonne idée, en l'occurrence, en voici un excellente qu'on n'aura de cesse de recommander aux amateurs de musique riche et variée.

Mes favoris : Shades of Green, Johatsu,
The Canary in the Mine, Babyboomers (The End of the World)

8,5/10

1. Shades of Green 5:10
2. Johatsu 3:47
3. The Canary in the Mine 1:58
4. Babyboomers (The End of the World) 3:42
5. Heavy Luck 3:53
6. Idaho 1:52


TV Party
Dark Heart EP
2020


TV Party vient d'Annecy et leur Dark Heart EP est leur première production.
C'est toujours émouvant, les débuts. On a ce petit frisson de la découverte, d'un espoir qui se dessine et qu'on espère voir fleurir. Alors, certes, on y trouve toujours les inévitables maladresses de la jeunesse mais aussi une fraicheur et une envie que les vieux pros n'ont souvent plus.
C'est le cas de ce EP débutant qui, proposant une indie pop bien troussée, a tout de même quelques défauts à commencer par une mise en son qu'on aurait voulu plus claire avec une voix mieux mixée et des sons de claviers un peu moins "toc". Mais comme on y trouve aussi un joli bouquet de chansons pas sans rappeler le canadien Mac de Marco ou les versaillais de Phoenix en plus d'un revivalisme 90s pas désagréable, on n'ira pas trop se plaindre.
OK, TV Party et son Dark Heart EP n'inventent strictement rien mais ce qu'ils font, ils le font bien. Il leur restera à s'affranchir de leurs influences, à soigner un poil plus la forme aussi et, allez savoir, ce petit début déjà prometteur se transformera peut-être en révélation.
Encore chrysalide, on souhaite à TV Party de devenir papillon.

Mes favoris : West Coast, Longdayz, Stuff

7/10

1. Dark Heart 2:50
2. West Coast 4:27
3. Staying Alive 2:53
4. Longdayz 3:23
5. Stuff 3:28

Des news...

 ...Il avait dit qu'il reviendrait mais rien n'est arrivé.  Ben oui, le retour est reporté. En ces temps troublés, c'est à mon t...